DECIBELA

"SO THEY WALKED"

   

Sommaire de cet article :

 
           

1. Sergey Ponomarov

 
           

2. Mokroie (et interview texte)

 
           

3. Allonymous

 
           

4. Presse

 

 Ce clip est un travail issu de l'initiative de MOKROIE pour une collaboration entre

artistes.

 Merci à Sergey et Francesco pour leur aimable autorisations d'utiliser ces photographies.  

I. SERGEY

Sergey

Le photographe russe Sergey Ponomarev a travaillé pendant huit ans à l’agence Associated Press. Aujourd’hui photojournaliste indépendant, il est correspondant de guerre pour le New York Times.

Ce qui, il me semble, qualifie un peu son travail est qu'il ne met pas en scène. Il

attend le bon moment pour ses clichés, ne triche ni avec la mise en scène ni avec

les artifices. Du brut, à travers son regard sur l'actualité.

https://www.instagram.com/sergeyponomarev/

http://www.sergeyponomarev.com/
   
 

 

 

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II. MOKROÏE

INTERVIEW TEXTE par Camille/DECIBELA:

 

*/ Le nom de ton projet " m o k r o ï é " est tiré de l'univers de Dostoïevski, as tu un lien particulier avec ce monde derrière le mur européen : la Russie ?

mokroie
 

Non, mon lien est uniquement à travers la découverte de l'oeuvre de Dostoïevski, cet univers tendu, complexe, torturé, avec des personnages souvent proches de la folie, et tous les questionnements sur l'humanité, les sociétés, la religion, nos comportements, nos contradictions, qu'il évoque à travers ses livres.

Pour l’anecdote, c'est en lisant ses livres, et « Guerre et Paix » de Tolstoi, que j'apprends que les russes de la haute société parlaient en français pour se distinguer et montrer leur intérêt pour la culture, la politique.

 

*/ A l'heure de la "mondialisation" qu'on semble s'imposer à nous même, quelle est ta reflexion sur le fait que la quasi totalité des groupes français adoptent l'anglais ?

Penses tu réaliser du matériel audio/vidéo en français ? Et serais tu intéressé par une réalisation russophone ?

 

L'anglais est un choix naturel pour moi. Ma culture musicale est anglaise depuis petit. C'est le cas pour beaucoup de personnes de ma génération je pense : Dans les années 80, la culture de la « chanson/pop » française était horrible à mon goût, et je n'avais pas accès à par exemple des artistes comme Léo Ferré ou Jacques Brel. Je fuyais à tout prix les chansons françaises, (version diplomatique, sinon je dirais : je les vomissais), alors qu’aujourd’hui il y a des artistes français que je respecte comme par exemple Bashung, Miossec, Dominique A ou Benjamin Biolay pour son talent que je découvre dans son sens du son et des arrangements.

Peut être que si j'avais découvert jeune des artistes français qui m'auraient emballés, j'aurai opté pour le français.

Pour les autres groupes qui adoptent l'anglais, je ne sais pas, en tout cas l'anglais sonne facilement, c'est en soi déjà un instrument plus malléable et facile à jouer.

Je n'ai aucune idée de ce que pourrait donner une réalisation en russe, il faudrait m'en dire plus, à première vue, j’imagine plus facilement quelque chose de parlé que chanté.

Idem pour le français.

 

*/ Tu as réalisé un certain nombre de vidéos de qualité, quelle sera ta prochaine réalisation pour 2016 ?

 

Il est trop tôt pour en parler, j'espère un nouveau clip car j'ai une idée assez simple à mettre en œuvre qui m'est tombée dessus en écoutant un de mes derniers instrus, idée basée d'un côté sur une belle esthétique, et de l'autre sur le sens donné assez fort je trouve, instru que j'ai proposé à Allonymous avec des suggestions pour le texte également.

A l'avenir, le projet s'orientera dans deux directions : une série de morceaux electro/synth, simples et accrocheurs, et une série aux constructions moins conventionnelles (dans la continuité de BECAUSE et SO THEY WALKED) en en incorporant quelques instruments joués.

 

 

*/ Où en est la formation musicale de m o k r o ï é ? Pensez vous à revenir sur scène pour des concerts ?

 

Pour le moment le live est en stand-by.

Nous en avons parlé avec Allonymous, l'idée, si l'occasion se présente, serait de faire jouer certaines de ses connaissances, de très bons musiciens avec lesquels il collabore sur différents projets. Un live qui serait orienté avec des versions plutôt jazz/electro. J'imagine, en introduction, la projection de quelques clips ou visuels de m o k r o ï é.

Cela reste une option, car la difficulté est la promotion, et pouvoir placer des concerts dans des endroits autres que le bar du coin. Sans label, soutien marketing, « prospérer médiatiquement »  reste hyper difficile.

 

*/ Musicien/compositeur/réalisateur; as tu eu une influence qui t'a tourné vers ce choix ou te laisses tu guider par tes instincts créateurs et ton expérience ?

 

Je suis avant tout créateur, plus que musicien. J'ai toujours eu des idées qui se forment dans ma tête et je ne savais pas comment les concrétiser. N'ayant pas les qualités pour devenir un bon musicien, heureusement j'ai compris que j'avais des capacités à concrétiser certaines de mes idées avec des machines, en « jouant » autrement, avec les sons, les rythmes, les bruitages, les constructions, les thèmes musicaux, et exprimer des émotions, des voyages intérieurs et extérieurs à travers cette forme artistique.

Je me sens en quelque sorte aussi réalisateur parfois, seulement je n'ai pas travaillé la technique, le matériel, pour le devenir. C'est juste resté dans ma tête, contrairement à la musique. Je fais en sorte de penser à ne rien me souvenir ! sachant qu'il n'y a pas de projets concret à venir.

Je co-participe naturellement sur la plupart des clips de m o k r o ï é, en y apportant des idées, et des critiques. Par mon métier en dehors de la musique, j'ai découvert que j'avais des qualités que je ne soupçonnais pas lorsque je suis bien impliqué, imprégné et que je maitrise bien mon sujet, à pouvoir diriger, motiver, coordonner une équipe. Mais réaliser reste une option que sans doute je n'exploiterai jamais.

 

*/ Quel serait, si tes ressources étaient illimitées, LE ou LES projets vidéo/audio ou autre que tu aimerais réaliser ?

 

Réaliser plus de musique, de projets diversifiés, je produis très peu dans le cadre actuel.

Faire des musiques de film pour des réalisateurs ayant une personnalité très marquée et participer activement avec le réalisateur à la créativité du film.

Composer la musique de spectacles aussi, mélangeant théâtre, danse, effets visuels par exemple.

Tourner des films, en tout cas participer activement à sa réalisation, je me verrais bien avec un binôme expérimenté, concrétiser quelques films.

Pour exemple je viens de lire « Check Point » de Jean Christophe Ruffin, j'imagine, comme beaucoup sans doute le film qu'on pourrait tirer d'un tel roman, je vois toutes les scènes, les personnages, les décors, ce voyage en camions à travers l'ex Yougoslavie en pleine guerre civile, et parler de l'humain, ses motivations, contradictions à travers ces personnages impliqués dans une mission humanitaire et militaire pleine de rebondissements.

Autre exemple qui me vient à l'esprit à l'instant à propos de films que l'on pourrait tirer de romans, le roman « Trois femmes puissantes » de Marie Ndiaye, dans l'une de ces trois nouvelles, il y une histoire poignante et dramatique d'une fille qui fuit une cascade de malheurs et agressions qu'elle subit à travers l'Afrique en tant que femme. On souffre pour elle, c'est à pleurer, on aimerait que le monde sache ce que peut endurer une personne bannie comme elle par une société et ses coutumes qui la rendent victime sans défense, en partant d'une situation qu'elle n'a pas choisie.

 

Dans la liste des albums que tu as fait tourner et retourner depuis ton enfance, quels sont ceux que tu recommande ?

 

Question compliquée, symboliquement : « Violator » de Depeche Mode (mais pas uniquement celui-ci, beaucoup d'autres), « Mezzanine » de Massive Attack (mais pas que…), « The Colour of Spring / Spirit of Eden / Laughing Stock » trois chef d'oeuvres immortels de Talk Talk. Les albums de Radiohead à partir de Kid A quand ils commencent à s'intéresser à la musique électronique et qu'ils deviennent encore plus « no limit » avec les productions incroyables de Nigel Godrich.

C'est trop compliqué de résumer en quelques albums.

Aujourd’hui, j'écoute et apprécie pas mal de musiques que je n'aurais pas eu idée d’écouter plus jeune, et dont je m'inspire également. Quand on est jeune on défend fièrement un étendard qui semble nous représenter complètement, mais plus tard on prend ses distances avec cette pensée naïve, intégriste, que beaucoup d'entre nous ont je pense pendant l'adolescence.

  https://tvrain.ru/articles/mokro-413143/

 

   IV. DECIBELA - LES EFFETS
 

Sergey utilise un format 4/3, cela a impliqué quelques choix de cadrage, voir quelques retouches de photo, pour correspondre à un 16/9.

En effet, j'ai dû rallongé un cliché de plusieurs centaines de pixel de chaque côté, en rajoutant de la mer et du ciel, et en déplacant un personnage. Je crois que même Sergey ne s'en ai pas rendu compte.

Mis à part cette grosse modification, l'essentiel du travail à été quelques découpages et jeu de perspective 3D; jeu de masques; un générateur de vagues sur un cliché; caméra virtuelle et montage synchronisé.

Un pré montage m'a été fourni, ce qui a permis de gagner beaucoup de temps. Merci Francesco. Quelques clichés ont changé entre le début et la fin, Sergey ayant aussi sa place dans le choix des clichés utilisés.

 

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